23h, nous arrivons sur le tarmac de l’aéroport de l’île de Pâques, il
vient de pleuvoir et la nuit s’annonce rude, beaucoup de vent et de pluie sont
prévues. Mais qu’à cela ne tienne, c’est euphorique que nous nous installons
dans notre tente pour notre première nuit sur cette île mystérieuse…
Jour 1 : Un petit tour dans la ville
Réveil pluvieux, nous prenons donc notre temps pour faire les ravitaillements, nous reposer un peu du dur voyage que nous venons de passer (pour rappel voir article précédent), faire un petit tour du seul village : Hanga Roa, et préparer notre séjour de 6 jours sur l’île.
Réveil pluvieux, nous prenons donc notre temps pour faire les ravitaillements, nous reposer un peu du dur voyage que nous venons de passer (pour rappel voir article précédent), faire un petit tour du seul village : Hanga Roa, et préparer notre séjour de 6 jours sur l’île.
Sur le
chemin, on croise le roi Pelé qui vient saluer l’équipe de foot de l’île de
Pâques et qui est accueilli par des danses et chants locaux (ça ne
s’invente pas !). Vers 15h le temps se dégage, nous en profitons donc pour
faire la première excursion vers le village d’Orongo. Il nous faut 1h de notre
camping pour atteindre le magnifique cratère de Rano Kau. Les couleurs sont
splendides et face à la mer le spectacle est assez improbable. Un peu plus loin,
se trouve perché à flancs de cratère l’ancien village Rapa Nui.
Il s’agit en
fait d’un lieu où se réunissaient toutes les tribus de l’île pour célébrer la
cérémonie de l’homme oiseau (voir photo). Cette cérémonie avait pour but d’élire le prochain
chef de toutes les tribus pour
l’année à venir ; pour cela, les représentants de chaque tribu devaient descendre
dans la mer (la falaise est à pic), aller chercher sur la petite île en face
(1400m de distance) un œuf de frégate et revenir avec le dit œuf (entier bien
sûr) en escaladant la falaise. Cela pouvait prendre plusieurs jours voire des
semaines car la cérémonie avait lieu toujours à la même date, cela ne voulant
pourtant pas dire que les oiseaux, eux, pondaient à cette date précise !
Le vainqueur, désormais homme-oiseau, était rasé de près (même les
sourcils !) et allait s’enfermer dans une grotte pendant un an où il ne
pouvait ni se laver ni se couper les cheveux ni se nourrir lui-même! Son
seul contact avec l’extérieur ne se faisait qu’à travers un sorcier. Bon, je ne
sais pas vous, mais personnellement je n’aurais pas eu trop envie d’être le
chef… ça, c’est pour la petite histoire. Le village est superbement situé, face
à la mer et à coté du volcan.
Cependant, on remarque déjà que les Rapa Nui ne
sont pas des as de la construction comparés aux Incas. Les maisons n’ont qu’une
seule pièce, pas de fenêtres et il faut ramper pour y entrer tellement l’entré
est petite ! De plus ces maisons ne sont pas très solides et doivent être
reconstruites assez souvent en raison des forts vents sévissant sur la côte.
Jour 2 : Une longue longue marche
Le soleil n’est toujours pas présent, mais ce n’est pas trop grave, nous partons pour une petite promenade de 4h (dixit Martha, la propriétaire du camping)… Pour voir nos premiers Moais !!
Nous partons
donc du camping vers midi (il a plu toute la matinée) et nous longeons la côte
jusqu’au site Tahai Hanga Kio’e, un des plus grands sites cérémonials de l’île où
se trouve une vaste plaine avec plusieurs Moais dont celui qui a été restauré
entièrement (même les yeux). Selon la légende, l’investiture des rois de l’île
(bien avant la mise en place de la cérémonie de l’homme oiseau) se faisait à
cet endroit précis.
Tous les Moais ont le dos tournés à la mer et les questions
fusent déjà dans notre tête : pourquoi dos à la mer? Comment sont-ils
arrivés là ? Pourquoi certains sont plusieurs et d’autres seuls sur
leur plateforme ? Autant vous dire tout de suite que nous n’avons pas toutes
les réponses à ces questions (mais vous découvrirez certaines réponses dans cet article) et que nous n’avons pas eu envie de prendre de
guide pour visiter l’île, voulant laisser une part de mystère à nos promenades.
Nous prenons notre petite pause dîner devant cette magnifique vue puis nous
reprenons notre bonhomme de chemin jusqu’aux caves d’Ana Kakenga, 2 tubes de laves volcaniques.
Des
promeneurs nous prêtent gentiment leur lampe torche pour que nous puissions
aller jeter un coup d’œil. De là, nous avons une belle vue sur la côte, les
caves servaient notamment d’abris aux Rapa Nui contre les fortes pluies. Nous
reprenons notre chemin jusqu’au site Te Peu, un ancien village cérémonial dont
il ne reste plus grand chose. On se fait alors la remarque que ça fait déjà 3h
qu’on marche et qu’on n’est pas encore à la moitié du chemin (hum)... Enfin soit, on
continue (vous commencez à nous
connaître…). On arrive à une des plaines les plus connues : il s’agit
du Ahu Takivi où se trouvent les seuls Moais faisant face à la mer !
Il
s’agirait des sept fils du 1er roi ayant découvert l’île et (1) soit ils sont tournés vers la mer pour
remercier une déesse de la mer et bénéficier de sa protection, (2) soit vu
qu’ils ne sont pas au bord de la mer, mais à l’intérieur des terres, il est
difficile de dire si le but était vraiment de les mettre face à la mer… Après
nos petites pauses photos on continue la route, cela fait maintenant 5h qu’on
marche et faire demi tour ou continuer revient au même, sauf que (!) un
couple que nous avions croisés plusieurs fois sur la route nous propose de nous
conduire à notre prochain stop !! Alléluia !!
On évite donc une bonne
heure de marche et cela nous permet de visiter Puna Pau, la carrière où sont
fabriqués les Pukao (chapeaux ou cheveux tirés en queue de cheval, va
savoir ?!) des Moais. Cet endroit est le seul de l’île où l’on trouve une
roche particulière de couleur rouge foncée qui tranche ainsi avec la couleur
des Moais. Sur la route du retour, une voiture s’arrête encore pour nous
proposer de nous déposer au village (qui était encore bien bien loin !!).
On arrive donc à notre camping après 7h de marche et qui aurait dû être
beaucoup plus longue sans la sympathie des touristes ! Merci et merci
Martha pour l’approximation de la balade ! Le soir, une petite soirée couleur
locale est organisée au bord de la mer.
Au menu, toutes sortes de poissons
grillés et leurs accompagnements à volonté (dont un délicieux cake de patate
douce), un Pisco Sour et un groupe de musique jouant des airs des îles! Nous
passons donc une très agréable soirée avec Aurélie et Guillaume (deux français
que nous avions rencontré à Puerto Natales et qui nous ont rejoint au camping).
Jour 3 : Aujourd’hui, on ne marche pas… On fait du scooter !
Il
fait toujours gris, mais ce n’est pas plus mal car la chaleur est très forte et
les trous dans la couche d’ozone font que le soleil nous crame un peu la peau.
On part donc le long de la côte est de l’île. Ici la plupart des Moais sont
renversés face contre terre à cause 1) de tsunamis et/ou 2) durant les guerres
tribales pour les ressources sur l’île, les tribus adverses abattaient les Moais
des autres tribus pour éliminer leur pouvoir de protection. En effet, les Moais
représentaient les rois défunts des tribus, et selon qu’ils aient accompli de
grandes choses ou non leurs statues étaient plus ou moins grosses ou grandes
(genre de représentation du statut social en quelque sorte).
Ces statues
étaient dressées face à la plaine où se déroulaient les cérémonies et rituels afin
qu’ils puissent toujours en faire partie mais aussi afin de protéger la tribu. Abattre les
Moais enlevait donc cette protection symbolique. Nous poursuivons vers Rano
Raraku, LA carrière de fabrication des Moais, et l’endroit où sont réunis le
plus de Moais (environ 400) dont la plupart sont inachevés. A moitié enfoncés
dans le sol, éparpillés dans la plaine, toujours (et à jamais ?!) ancrés
dans la roche, les Moais sont de toutes les formes et de toutes les tailles.
Nous passons quasiment 1 heure à nous balader dans le site. On remarque que la
roche dont ils sont issus est très friable, et qu’il fallait une grande
délicatesse pour les déplacer jusqu’à leur emplacement actuel (pouvant aller
jusqu’à 12km de là alors que certains pèsent plus cent tonnes!!). Pour les
sortir de la carrière, plusieurs théorie sont envisagées, voici les deux les
plus acceptées : 1) Ils faisaient rouler les Moais sur des rondins de bois
et tiraient avec des cordes 2) ils redressaient le Moai en le faisant tout
d’abord glisser (la carrière est en pente) et en le calant dans un trou pour le
relever. Ensuite ils le déplaçaient à l’aide de cordes comme on déplacerait un
frigo à notre époque (en basculant sur un coté puis sur l’autre).
C’est
pourquoi la légende raconte que les Moais ont « marché » jusqu’à leur
site (mouvement « naturel » facilité par le centre de gravité très
bas des statues). Ah oui, comme vous l’avez remarqué, les carrières des Pukao
et des Moais ne sont pas tout près l’une de l’autre. Pour déplacer les Pukao
c’est facile, il « suffit » de les faire rouler (un pukao peut peser
jusqu’à 12 tonnes). Le plus dur est de mettre leur « tchapé sur leur
tiesse » !! Alors à nouveau plusieurs théories dont 2
ressortent : 1) avant de dresser le Moai, ils approchent le Pukao de la
tête et ils dressent le tout en faisant des gros tas de pierres devant la
statue 2) La statue est déjà dressée et ils font rouler son Pukao sur le tas de
pierres jusqu’à la tête (voir photo). A vous de voir ce que vous préférez, nous on continue
notre route jusqu’au site le plus connu de l’île, là où se trouvent les quinze statues
quasi toutes entières : Ahu Tongariki (site restauré deux fois). C’est
endroit est magique.
La mer, les statues, une grande plaine et dos à nous, la
carrière. Il n’y a pas de mot pour décrire cet endroit. On resterait des heures
à l’observer en silence et à s’imprégner du mystère! Pour finir la route, nous nous arrêtons
quelque temps sur une des deux plages de l’île : sable blanc, eaux turquoises,
paradisiaque !! Pour clôturer cette merveilleuse journée, nous allons voir
un des plus beaux couchers de soleil au monde : la plage, les Moais et une
bière… what else !
Jour 4 : What else?
Levés tôt, 6h00 tapante ! On retourne à Ahu Tongariki pour voir le lever du soleil ! Les 30 minutes de route dans le noir total en scooter sur terrain humide sont assez tricky mais une fois sur place, c’est encore plus magique que la veille. Le soleil se lève doucement et s’aligne entre les Moais.
Un moment merveilleux, remplit de spiritualité et de
mystère c’est comme si nous étions seuls au monde (avec tous les petits chinois
qui mitraillent). Il se met à pleuvoir mais on n’a pas envie de partir. Les
touristes partent, et nous on a bien fait de rester car un arc-en-ciel vient
conclure ce moment magique !
Cette après-midi, on se repose. Il fait plein soleil, donc on retourne
au Tahai refaire des photos et en
profiter pour visiter le musée de l’île et connaître ainsi un peu mieux
l’Histoire.
Le soir, on s’offre un bon petit resto et ce fut le meilleur resto
du monde (jusqu’à présent !) : des plats délicieux (ceviche puis
brochette de thon et scampis), une vue imprenable (sur la mer), avec le coucher
du soleil et le tout sur l’île de Pâques ! Que demander de
plus !!!???
Jour 5 : Rencontre du 3ème type
Aujourd’hui, on décide de faire une belle randonnée dans le coin le moins touristique de l’île. Cette fois-ci on a demandé à plusieurs personnes le temps qu’il fallait pour la faire et on est donc partis pour 7h de marche !
Le soleil brille, les paysages sont surprenants, on est seuls au
monde (encore !!), un moment parfait ! Sur notre chemin, des vestiges
de cité Rapa Nui, des Moais, et des vaches ! Les animaux sont tous en
liberté sur l’île : chiens, chevaux, vaches. Un chien vous accompagne à
coup sûr dans toutes vos balades. Parfois, ils sont jouettes et courent après
les vaches qui se foutent en rogne et les chargent (nous on est à 1mètre, ça
fait peur !!), mais parfois ils sont juste attentifs et les éloignent gentiment. Ici heureusement,
c’était le deuxième choix.
Les chevaux, eux ont peur de tout donc ils
déguerpissent, la plupart du temps, dès qu’on approche (sinon le chien s’en
charge). Les vaches par contre c’est une autre affaire. Elles se trouvent
souvent sur votre chemin et là, soit le chien les fait fuir gentiment, soit
sauvagement (et elles chargent), soit elles ne bougent pas et après avoir jouer
à « je te regarde d’un air bovin et le premier de nous 2 qui baisse les
yeux fait le tour et trouve un autre chemin», bhein on fait souvent le
tour ! Bref, maintenant j’ai peur des vaches ! Après 6h de marche
sous un soleil de plomb (on vous a dit qu’il n’y a quasi pas d’arbres sur
l’île ?), on aperçoit la plage d’Anakena, magnifique (et seule) plage de sable
blanc avec des Moais bien sûr !
Ici, ils ont tous un pukao ! On
s’offre un bon jus de mangue puis on plonge dans la mer ! Les vagues sont plus
hautes qu’à la mer du Nord et un instant on se retrouve en enfance à sauter
dedans ! Pour le retour, on monte à l’arrière d’un pickup et nous voilà au
camping !
Ce soir, c’est l’ouverture du festival
Tapati et nous assistons à la cérémonie d’ouverture.
Ils présentent les
concurrents des différentes épreuves (triathlon, sculpture, danse, dessins sur
le corps,…) et nous assistons à des danses typiques se rapprochant fort de
l’Haka Néozélandais !
Jour 6 : Bye Bye Isla de Pascua
On plie bagage, et on dit au revoir à cette île magnifique où nous avons passé un moment vraiment magique ! Il n’y avait pas de plus belle façon de conclure notre séjour (déjà fabuleux) en Amérique du Sud !
PS : Encore une petite théorie : Comment et pourquoi la
civilisation Rapa Nui a-t-elle disparue !?
En 1722, le navigateur hollandais Jacob Rooggeveen découvre l’île le jour de Pâques
(d’où son nom). Il tombe alors sur une civilisation en pleine harmonie.
Quelques dizaines d’années plus tard, un autre navigateur espagnol débarque et
découvre le chaos dans la civilisation et les Moais renversés. Les théories
plausibles sont :
1) à bord du navire hollandais, des passagers clandestins, les rats,
ont débarqué décimant toutes les récoltes présentes sur l’île et empêchant la
survie des arbres suite à la consommation de leurs graines. Combinés à l’apport
de maladies (tuberculose et syphilis), la famine a entrainé des guerres entre
les tribus.
2) S’ils ont utilisé les arbres pour déplacer les Moais, les Rapa Nui
ont détruits tous les arbres de l’île, donc plus de protection contre le vent
et destruction de l’écosystème de l’île. Donc plus de récoltes et à nouveau des
guerres entre les tribus.
3) Les Chiliens sont venus chercher les hommes pour les faire
travailler dans les mines du continent. Il ne restait plus que les chétifs sur
l’île (diminués en plus par les guerres entre tribus) et ils n’ont pas pu
perpétuer les traditions.
4) Ma théorie : Ils se sont fait aplatir comme des crêpes en
mettant les Pukao sur la tête des Moais.
5) Celle d’Oli : Les Cloches n'y seraient-elles pas pour quelque chose?!
La théorie « préférée » des Rapa Nui reste la numéro 1 car du
coup, leur peuple n’est pas responsable d’un écocide.
Jour1
Jour 2


Jour 5

























































Tim demande si vous y avez trouvé des oeufs :-) véridique !!!
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