« Les folies sont les seules choses qu'on ne regrette jamais » Oscar Wilde

mardi 4 mars 2014

La merveilleuse et énigmatique île de Pâques…


23h, nous arrivons sur le tarmac de l’aéroport de l’île de Pâques, il vient de pleuvoir et la nuit s’annonce rude, beaucoup de vent et de pluie sont prévues. Mais qu’à cela ne tienne, c’est euphorique que nous nous installons dans notre tente pour notre première nuit sur cette île mystérieuse…


Jour 1 : Un petit tour dans la ville
Réveil pluvieux, nous prenons donc notre temps pour faire les ravitaillements, nous reposer un peu du dur voyage que nous venons de passer (pour rappel voir article précédent), faire un petit tour du seul village : Hanga Roa, et préparer notre séjour de 6 jours sur l’île.

Sur le chemin, on croise le roi Pelé qui vient saluer l’équipe de foot de l’île de Pâques et qui est accueilli par des danses et chants locaux (ça ne s’invente pas !). Vers 15h le temps se dégage, nous en profitons donc pour faire la première excursion vers le village d’Orongo. Il nous faut 1h de notre camping pour atteindre le magnifique cratère de Rano Kau. Les couleurs sont splendides et face à la mer le spectacle est assez improbable. Un peu plus loin, se trouve perché à flancs de cratère l’ancien village Rapa Nui.
Il s’agit en fait d’un lieu où se réunissaient toutes les tribus de l’île pour célébrer la cérémonie de l’homme oiseau (voir photo). Cette cérémonie avait pour but d’élire le prochain chef de toutes les tribus pour l’année à venir ; pour cela, les représentants de chaque tribu devaient descendre dans la mer (la falaise est à pic), aller chercher sur la petite île en face (1400m de distance) un œuf de frégate et revenir avec le dit œuf (entier bien sûr) en escaladant la falaise. Cela pouvait prendre plusieurs jours voire des semaines car la cérémonie avait lieu toujours à la même date, cela ne voulant pourtant pas dire que les oiseaux, eux, pondaient à cette date précise !
Le vainqueur, désormais homme-oiseau, était rasé de près (même les sourcils !) et allait s’enfermer dans une grotte pendant un an où il ne pouvait ni se laver ni se couper les cheveux ni se nourrir lui-même! Son seul contact avec l’extérieur ne se faisait qu’à travers un sorcier. Bon, je ne sais pas vous, mais personnellement je n’aurais pas eu trop envie d’être le chef… ça, c’est pour la petite histoire. Le village est superbement situé, face à la mer et à coté du volcan.
Cependant, on remarque déjà que les Rapa Nui ne sont pas des as de la construction comparés aux Incas. Les maisons n’ont qu’une seule pièce, pas de fenêtres et il faut ramper pour y entrer tellement l’entré est petite ! De plus ces maisons ne sont pas très solides et doivent être reconstruites assez souvent en raison des forts vents sévissant sur la côte.






Jour 2 : Une longue longue marche
Le soleil n’est toujours pas présent, mais ce n’est pas trop grave, nous partons pour une petite promenade de 4h (dixit Martha, la propriétaire du camping)… Pour voir nos premiers Moais !!

Nous partons donc du camping vers midi (il a plu toute la matinée) et nous longeons la côte jusqu’au site Tahai Hanga Kio’e, un des plus grands sites cérémonials de l’île où se trouve une vaste plaine avec plusieurs Moais dont celui qui a été restauré entièrement (même les yeux). Selon la légende, l’investiture des rois de l’île (bien avant la mise en place de la cérémonie de l’homme oiseau) se faisait à cet endroit précis.
Tous les Moais ont le dos tournés à la mer et les questions fusent déjà dans notre tête : pourquoi dos à la mer? Comment sont-ils arrivés là ? Pourquoi certains sont plusieurs et d’autres seuls sur leur plateforme ? Autant vous dire tout de suite que nous n’avons pas toutes les réponses à ces questions (mais vous découvrirez certaines réponses dans cet article) et que nous n’avons pas eu envie de prendre de guide pour visiter l’île, voulant laisser une part de mystère à nos promenades.
Nous prenons notre petite pause dîner devant cette magnifique vue puis nous reprenons notre bonhomme de chemin jusqu’aux caves d’Ana Kakenga, 2 tubes de laves volcaniques.
Des promeneurs nous prêtent gentiment leur lampe torche pour que nous puissions aller jeter un coup d’œil. De là, nous avons une belle vue sur la côte, les caves servaient notamment d’abris aux Rapa Nui contre les fortes pluies. Nous reprenons notre chemin jusqu’au site Te Peu, un ancien village cérémonial dont il ne reste plus grand chose. On se fait alors la remarque que ça fait déjà 3h qu’on marche et qu’on n’est pas encore à la moitié du chemin (hum)... Enfin soit, on continue (vous commencez à nous  connaître…). On arrive à une des plaines les plus connues : il s’agit du Ahu Takivi où se trouvent les seuls Moais faisant face à la mer !
Il s’agirait des sept fils du 1er roi ayant découvert l’île et (1) soit ils sont tournés vers la mer pour remercier une déesse de la mer et bénéficier de sa protection, (2) soit vu qu’ils ne sont pas au bord de la mer, mais à l’intérieur des terres, il est difficile de dire si le but était vraiment de les mettre face à la mer… Après nos petites pauses photos on continue la route, cela fait maintenant 5h qu’on marche et faire demi tour ou continuer revient au même, sauf que (!) un couple que nous avions croisés plusieurs fois sur la route nous propose de nous conduire à notre prochain stop !! Alléluia !!
On évite donc une bonne heure de marche et cela nous permet de visiter Puna Pau, la carrière où sont fabriqués les Pukao (chapeaux ou cheveux tirés en queue de cheval, va savoir ?!) des Moais. Cet endroit est le seul de l’île où l’on trouve une roche particulière de couleur rouge foncée qui tranche ainsi avec la couleur des Moais. Sur la route du retour, une voiture s’arrête encore pour nous proposer de nous déposer au village (qui était encore bien bien loin !!). On arrive donc à notre camping après 7h de marche et qui aurait dû être beaucoup plus longue sans la sympathie des touristes ! Merci et merci Martha pour l’approximation de la balade ! Le soir, une petite soirée couleur locale est organisée au bord de la mer.
Au menu, toutes sortes de poissons grillés et leurs accompagnements à volonté (dont un délicieux cake de patate douce), un Pisco Sour et un groupe de musique jouant des airs des îles! Nous passons donc une très agréable soirée avec Aurélie et Guillaume (deux français que nous avions rencontré à Puerto Natales et qui nous ont rejoint au camping).






Jour 3 : Aujourd’hui, on ne marche pas… On fait du scooter !

Il fait toujours gris, mais ce n’est pas plus mal car la chaleur est très forte et les trous dans la couche d’ozone font que le soleil nous crame un peu la peau. On part donc le long de la côte est de l’île. Ici la plupart des Moais sont renversés face contre terre à cause 1) de tsunamis et/ou 2) durant les guerres tribales pour les ressources sur l’île, les tribus adverses abattaient les Moais des autres tribus pour éliminer leur pouvoir de protection. En effet, les Moais représentaient les rois défunts des tribus, et selon qu’ils aient accompli de grandes choses ou non leurs statues étaient plus ou moins grosses ou grandes (genre de représentation du statut social en quelque sorte).
Ces statues étaient dressées face à la plaine où se déroulaient les cérémonies et rituels afin qu’ils puissent toujours en faire partie mais aussi afin de protéger la tribu. Abattre les Moais enlevait donc cette protection symbolique. Nous poursuivons vers Rano Raraku, LA carrière de fabrication des Moais, et l’endroit où sont réunis le plus de Moais (environ 400) dont la plupart sont inachevés. A moitié enfoncés dans le sol, éparpillés dans la plaine, toujours (et à jamais ?!) ancrés dans la roche, les Moais sont de toutes les formes et de toutes les tailles.
Nous passons quasiment 1 heure à nous balader dans le site. On remarque que la roche dont ils sont issus est très friable, et qu’il fallait une grande délicatesse pour les déplacer jusqu’à leur emplacement actuel (pouvant aller jusqu’à 12km de là alors que certains pèsent plus cent tonnes!!). Pour les sortir de la carrière, plusieurs théorie sont envisagées, voici les deux les plus acceptées : 1) Ils faisaient rouler les Moais sur des rondins de bois et tiraient avec des cordes 2) ils redressaient le Moai en le faisant tout d’abord glisser (la carrière est en pente) et en le calant dans un trou pour le relever. Ensuite ils le déplaçaient à l’aide de cordes comme on déplacerait un frigo à notre époque (en basculant sur un coté puis sur l’autre).
C’est pourquoi la légende raconte que les Moais ont « marché » jusqu’à leur site (mouvement « naturel » facilité par le centre de gravité très bas des statues). Ah oui, comme vous l’avez remarqué, les carrières des Pukao et des Moais ne sont pas tout près l’une de l’autre. Pour déplacer les Pukao c’est facile, il « suffit » de les faire rouler (un pukao peut peser jusqu’à 12 tonnes). Le plus dur est de mettre leur « tchapé sur leur tiesse » !! Alors à nouveau plusieurs théories dont 2 ressortent : 1) avant de dresser le Moai, ils approchent le Pukao de la tête et ils dressent le tout en faisant des gros tas de pierres devant la statue 2) La statue est déjà dressée et ils font rouler son Pukao sur le tas de pierres jusqu’à la tête (voir photo). A vous de voir ce que vous préférez, nous on continue notre route jusqu’au site le plus connu de l’île, là où se trouvent les quinze statues quasi toutes entières : Ahu Tongariki (site restauré deux fois). C’est endroit est magique.
La mer, les statues, une grande plaine et dos à nous, la carrière. Il n’y a pas de mot pour décrire cet endroit. On resterait des heures à l’observer en silence et à s’imprégner du mystère!  Pour finir la route, nous nous arrêtons quelque temps sur une des deux plages de l’île : sable blanc, eaux turquoises, paradisiaque !! Pour clôturer cette merveilleuse journée, nous allons voir un des plus beaux couchers de soleil au monde : la plage, les Moais et une bière… what else !






Jour 4 : What else?
Levés tôt, 6h00 tapante ! On retourne à Ahu Tongariki pour voir le lever du soleil ! Les 30 minutes de route dans le noir total en scooter sur terrain humide sont assez tricky mais une fois sur place, c’est encore plus magique que la veille. Le soleil se lève doucement et s’aligne entre les Moais.

Un moment merveilleux, remplit de spiritualité et de mystère c’est comme si nous étions seuls au monde (avec tous les petits chinois qui mitraillent). Il se met à pleuvoir mais on n’a pas envie de partir. Les touristes partent, et nous on a bien fait de rester car un arc-en-ciel vient conclure ce moment magique !
Cette après-midi, on se repose. Il fait plein soleil, donc on retourne au Tahai refaire des photos et en profiter pour visiter le musée de l’île et connaître ainsi un peu mieux l’Histoire.

Le soir, on s’offre un bon petit resto et ce fut le meilleur resto du monde (jusqu’à présent !) : des plats délicieux (ceviche puis brochette de thon et scampis), une vue imprenable (sur la mer), avec le coucher du soleil et le tout sur l’île de Pâques ! Que demander de plus !!!???






Jour 5 : Rencontre du 3ème type
Aujourd’hui, on décide de faire une belle randonnée dans le coin le moins touristique de l’île. Cette fois-ci on a demandé à plusieurs personnes le temps qu’il fallait pour la faire et on est donc partis pour 7h de marche !

Le soleil brille, les paysages sont surprenants, on est seuls au monde (encore !!), un moment parfait ! Sur notre chemin, des vestiges de cité Rapa Nui, des Moais, et des vaches ! Les animaux sont tous en liberté sur l’île : chiens, chevaux, vaches. Un chien vous accompagne à coup sûr dans toutes vos balades. Parfois, ils sont jouettes et courent après les vaches qui se foutent en rogne et les chargent (nous on est à 1mètre, ça fait peur !!), mais parfois ils sont juste attentifs et  les éloignent gentiment. Ici heureusement, c’était le deuxième choix.
Les chevaux, eux ont peur de tout donc ils déguerpissent, la plupart du temps, dès qu’on approche (sinon le chien s’en charge). Les vaches par contre c’est une autre affaire. Elles se trouvent souvent sur votre chemin et là, soit le chien les fait fuir gentiment, soit sauvagement (et elles chargent), soit elles ne bougent pas et après avoir jouer à « je te regarde d’un air bovin et le premier de nous 2 qui baisse les yeux fait le tour et trouve un autre chemin», bhein on fait souvent le tour ! Bref, maintenant j’ai peur des vaches ! Après 6h de marche sous un soleil de plomb (on vous a dit qu’il n’y a quasi pas d’arbres sur l’île ?), on aperçoit la plage d’Anakena, magnifique (et seule) plage de sable blanc avec des Moais bien sûr !
Ici, ils ont tous un pukao ! On s’offre un bon jus de mangue puis on plonge dans la mer ! Les vagues sont plus hautes qu’à la mer du Nord et un instant on se retrouve en enfance à sauter dedans ! Pour le retour, on monte à l’arrière d’un pickup et nous voilà au camping !

Ce soir, c’est l’ouverture du festival Tapati et nous assistons à la cérémonie d’ouverture.

Ils présentent les concurrents des différentes épreuves (triathlon, sculpture, danse, dessins sur le corps,…) et nous assistons à des danses typiques se rapprochant fort de l’Haka Néozélandais !




Jour 6 : Bye Bye Isla de Pascua
On plie bagage, et on dit au revoir à cette île magnifique où nous avons passé un moment vraiment magique ! Il n’y avait pas de plus belle façon de conclure notre séjour (déjà fabuleux) en Amérique du Sud !



PS : Encore une petite théorie : Comment et pourquoi la civilisation Rapa Nui a-t-elle disparue !?
En 1722, le navigateur hollandais Jacob Rooggeveen découvre l’île le jour de Pâques (d’où son nom). Il tombe alors sur une civilisation en pleine harmonie. Quelques dizaines d’années plus tard, un autre navigateur espagnol débarque et découvre le chaos dans la civilisation et les Moais renversés. Les théories plausibles sont :
1) à bord du navire hollandais, des passagers clandestins, les rats, ont débarqué décimant toutes les récoltes présentes sur l’île et empêchant la survie des arbres suite à la consommation de leurs graines. Combinés à l’apport de maladies (tuberculose et syphilis), la famine a entrainé des guerres entre les tribus.
2) S’ils ont utilisé les arbres pour déplacer les Moais, les Rapa Nui ont détruits tous les arbres de l’île, donc plus de protection contre le vent et destruction de l’écosystème de l’île. Donc plus de récoltes et à nouveau des guerres entre les tribus.
3) Les Chiliens sont venus chercher les hommes pour les faire travailler dans les mines du continent. Il ne restait plus que les chétifs sur l’île (diminués en plus par les guerres entre tribus) et ils n’ont pas pu perpétuer les traditions.
4) Ma théorie : Ils se sont fait aplatir comme des crêpes en mettant les Pukao sur la tête des Moais.
5) Celle d’Oli : Les Cloches n'y seraient-elles pas pour quelque chose?!

La théorie « préférée » des Rapa Nui reste la numéro 1 car du coup, leur peuple n’est pas responsable d’un écocide. 

Jour1
 




Jour 2 
 

 



 

Jour 3


 


 

 

 

 





Jour 4

 
 








Jour 5
 

 

 

 

 




1 commentaire:

  1. Tim demande si vous y avez trouvé des oeufs :-) véridique !!!

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