« Les folies sont les seules choses qu'on ne regrette jamais » Oscar Wilde

samedi 1 mars 2014

Punta Arenas & Tierra del Fuego


Trois petites heures de bus seulement (on est vraiment plus habitués à voyager si peu) nous suffisent pour rejoindre Punta Arenas, la ville chilienne la plus au sud que nous ferons. Nous débarquons à l’Hotel Keoken avec son intérieur tout en bois, une superbe grande cuisine,
un salon ouvert avec des bancs et des coussins le long des fenêtres (super concept) et des chambres coquettes. Maria, la propriétaire, est super sympa, parle français et nous donne plein de bons conseils pour la suite de notre séjour. Nous partons donc dans le centre afin d’en apprendre un peu plus sur les différentes activités à faire dans la région. Après quelques heures de réflexion, le programme est au point : nous irons voir les manchots royaux et faire du kayak sur le Detroit de Magellan !! Le lendemain est dédié aux courses, au repos/blog/triage photo pour Malou et visite de la ville pour moi. Celle-ci n’offre rien de vraiment excitant à part une belle promenade le long du Detroit
et 2-3 monuments à gauche et à droite. Nous reprenons donc bien nos forces car les réveils des 2 prochains jours seront très matinaux. Le jour suivant, nous voilà donc frais et dispos à 7h30 en attendant le bus qui nous conduira au ferry entre 7h30 et 8h. 8h20, toujours personne…on fait part à Maria de notre angoisse, un coup de fil et on apprend qu’ils se sont trompés de nom d’hôtel à l’agence. 10 min plus tard, le bus arrive en trombe et nous dépose pile poil à temps pour prendre le ferry. On retrouve donc notre guide et 11 comparses pour une traversée du Detroit de Magellan de 3h jusqu’à la petite ville de Porvenir. Cette dernière a été construite fin 1800 pour accueillir les chercheurs d’or, laissant place encore une fois à une belle aventure humaine. Les habitants originaires de la Terre de Feu, les Selknam, avaient leurs coutumes traditionnelles (comme se tatouer le corps, porter masques et fourreaux pénien pour devenir adulte), vivaient en paix et chassaient le guanaco, sorte de lama. A leur arrivée, les européens et américains ont importés des moutons. Les locaux se sont mis à les chasser également car c’était beaucoup plus facile à attraper.
Ce qui n’a évidemment pas plus aux hommes assoiffés d’or qui ont alors commencé à massacrer les autochtones ; ils leurs coupaient les oreilles en guise de preuve et les échangeaient contre de l’or. Tout ceci est très bien résumé dans une peinture assez « gore » se trouvant au petit musée que nous visitons. Nous reprenons le mini-bus pour une centaine de km à travers la Terre de Feu, steppe où pas grand chose ne pousse mais où vivent quand même plusieurs troupeaux de guanaco. Les paysages relativement plats restent magnifiques. Point Culture : « Pourquoi la Terre de Feu ?» : Lors de son arrivée dans le Detroit, Magellan et son équipage ont aperçu bon nombre de petits feux parsemés dans les steppes traduisant la présence des Selknam. D’où le nom, faut pas chercher plus loin (perso, je m’attendais à quelque chose de plus mystique, mais bon je vais pas refaire l’Histoire)! Après 4h30 de voyage, nous voilà enfin arrivés à notre destination : le Parc Pinguino Rey. Celui abrite 2 grandes colonies de manchots royaux (à ne pas confondre avec les manchots empereurs, plus grands, et qu’on ne trouve que sur la calotte glaciaire antarctique). Une petite aubette, quelques guides locaux et l’obligation de s’y rendre uniquement par groupe de 12 et s’asseoir afin de ne pas perturber les animaux rendent l’expérience authentique, loin du tourisme habituel.
Les manchots sont tous bel et bien au rendez-vous, tous vêtus de leur plus beau smoking (Suit-up à la Barney Stinson, pour les connaisseurs). Il est impossible de décrire l’émotion ressentie à l’approche de ces manchots du bout du monde. Tout le monde retient son souffle pendant qu’ils se dandinent maladroitement sur les galets, se lavent, se chamaillent. D’autres nous font l’honneur de plonger juste devant nous afin de nous montrer leur aisance dans l’eau. D’autres restent immobiles, impassibles, avec leurs pattes relevées…ces messieurs-dames couvent leur progéniture et en y regardant bien on aperçoit nettement la boule de l’œuf enfoui sous les plumes !
On bouge ensuite pour observer la 2ème colonie au bord d’un ruisseau en pleine steppe, nous sommes ici en plein « National Geographic », on croit rêver mais leurs cris graves nous démontrent bien le contraire. On resterait bien des heures, on prendrait bien des centaines de photos mais après 1h, il déjà temps de reprendre la route. Nous croisons d’autres animaux locaux, des renards peu farouches qui se coursent les uns les autres quasi entre nos jambes.  Au retour, les steppes, les troupeaux de mouton, les bergers s’enchaînent derrière la vitre. Nous avons fait 9h de route pour observer des pingouins pendant 1h, certains diront qu’on est fous… Oui, fous de Nature !!
C’est toujours avec l’image de nos « Happy Feet » dans la tête que nous nous réveillons à 5h30 pour partir vers le Detroit de Magellan. Une traversée de 32km à la force des bras nous attend.
Après 30min de route, premier arrêt lever de soleil sur le Detroit avec deux dauphins migrant le long de la côte… tellement cliché me direz-vous qu’on a l’impression d’être sur une carte postale !! Deuxième arrêt, petit déjeuner copieux et briefing avec la team. Nous sommes accompagnés de deux reporters tournant un clip sur le kayak en Patagonie (peut-être nous verrez vous un jour sur Thalassa J) et des 4 guides de l’équipe. Le kayak en mer nécessite un bel équipement, une fois habillés et conseillés, nous voilà partis, moi aux commandes du gouvernail à l’arrière et Malou devant me donnant la direction.
J’entends directement la voix avisée de l’ex Championne de Belgique d’aviron et j’essaye de m’appliquer au mieux. Pas toujours facile de pagayer, croyez-moi, surtout avec les algues géantes, les vagues, et le vent et la pluie qui se mêlent de la partie pendant un court moment !!! Enfin, le paysage vaut le détour…Terre de Feu en vue mes amis ! Après 1h30 de rame, petit casse-croute énergétique puis on repart pour atteindre le phare de San Isisdro. Nous essuyons une mini-tempête et gérons les courants. 1h30 plus tard, dîner pâtes et salades. La Team a tout prévu et déborde de sympathie, on a l’impression de faire partie de leur famille depuis toujours.
Nous nous promenons ensuite jusqu’au phare du Detroit de Magellan nous offrant une vue magnifique sur la Terre de Feu, la côte chilienne et la cordillère Darwin. Plus personne n’y habite, le phare étant devenu automatique ; mais les locaux sont libres et n’attendent plus que Mike et Marianne apparemment ;-) On peut vous dire, c’est ventu mais y a pire comme endroit. Pour le retour, on change de place et je l’avoue, Malou est plus douée que moi pour la direction. Le zodiac qui nous suit rameute de temps à autre quelques dauphins mais ceux-ci ne sont pas d’humeur jouette aujourd’hui et restent au loin. Après 3 nouvelles heures de rames (avec le vent « avec» cette fois),
nous arrivons sur la plage, les bras bien en feu (tout comme la Terre tiens) pour soulever une bonne cannette de bière chilienne et grignoter un bon apéro. Merci la Team Agua Fresca, ce fut une journée bien physique et encore une fois inoubliable. Inutile de vous dire que tout le monde s’est endormi dans la voiture au retour ! Mais la journée est loin d’être finie pour nous : un souper puis attente de notre vol pour Santiago. Arrivés à 23h30 à l’aéroport de Punta Arenas, décollage à 2h30, bref dodo dans l’avion, arrivée à 5h30 du mat à Santiago du Chili. Dégommés, on erre afin de trouver une banquette pour dormir encore quelques heures. 9h, réveil, petit déj au café de l’aéroport. Notre vol suivant n’étant qu’à 19h30, nous avons le temps de descendre dans la capitale. On saute dans le bus.
On visite quelques quartiers mais on comprend vite que la ville n’a pas autant de charmes que les aures. On se prend alors quelques empanadas dans un petit resto local puis nous allons les digérer sur un des points de vue de la ville. Semi-sieste et retour à l’aéroport pour prendre LE vol tant attendu vers l’île de Pâques. Ce fut la folle journée d’Oli et Malou, mais il faut bien mériter ses Pâques hein !!

Oli (dans un jardin ensoleillé de Melbourne avec Placebo en fond sonore qui joue dans un festival à 1km de là – 28/02/2014) 


Punta Arenas

 

 

 

Pinguino Rey Park

 

 

 

 

 










Detroit de Magellan

 

 

 

 

 

 

 

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