Cuzco,
dernier acte
De
retour du Salkantay, nous nous accordons un jour de repos à Cuzco dédié à notre
première grâce mat’ et à flâner un peu en ville. Pour notre dernier jour, nous
décidons de visiter 2 autres sites Incas aux alentours sans savoir que nous
allions vivre notre première « mésaventure ». Des amis nous disent : "Prenez un bus
jusqu'à Morray et de l’église partez à
pied vers les Salineras, mais attention tous les taxis vous diront qu’il
n’existe pas de chemin". Parfait. On cherche donc un collectivo pour nous rendre de Cuzco à Morray mais les conducteurs nous disent : "Pas de collectivo jusque Morray, il faut prendre un taxi pour soit se rendre à Marras ou à Morray". Leurs dires ne correspondant pas tout à fait à nos infos, on embarque quand même après bon nombre de
parlementations en direction de Marras. On nous dépose à
un croisement de routes où on nous dit qu’il faut reprendre un taxi jusqu’au village de
Marras… On demande pour Morray… "Non pour Marras, pas de sentier de randonnée à
Morray"… On se dit qu’ils nous arnaquent… Nouvelles parlementations belgo/péruviennes… On va quand même jusque Marras (petit village perdu sur la colline). On demande
la direction pour Morray… 9km à pied… gloups… Tant pis, on reprend un taxi pour
Morray. Arrivés sur place, pas de village, juste un site archéologique payant.
Non di dju, après discussions avec un guide local, on comprend l’erreur : nos amis ont confondu Morray et
Marras ! Les conducteurs avaient raison depuis le début et on s’est fait
tourné en bourrique pour rien, il suffisait juste de descendre à l’église de
Marras. On deale une dernière fois avec notre taxi pour qu’il nous attende
20min afin qu’on puisse faire le tour du site (tant qu'à faire hein!) et qu’il nous ramène ensuite à
Marras. On se serre la main, la tension retombe.
Morray est un site Inca à 3500m d'altitude, une sorte d’expérience biologique à ciel ouvert : les Incas ont creusé 3 amphithéâtres avec des terrasses concentriques sur des dizaines de mètres de profondeurs. Ainsi, chaque terrasse avait son propre microclimat (la t° diminuant graduellement du centre de l’amphithéâtre vers les terrasses supérieures). Ce site constituait donc un étonnant centre de recherche agricole pour déterminer quelles conditions climatiques convenaient le mieux à chaque plante. Pas con l’Inca hein !!
Nous remercions notre taxi à Marras, nous trouvons l’église et nous descendons donc à pied à travers des collines recouvertes de parcelles de cultures. Nous arrivons enfin à Las Salineras : les Incas avaient repéré une source donnant naissance à un ruisseau saturé en sel (on l’a gouté… bhein c’est bien salé), un atout précieux quand on se trouve loin de la Mer. Ce ruisseau est à présent détourné sur un plateau parsemé de bassins en terrasses servant ainsi à la récolte du sel.
Après cette belle visite, nous remontons à pied à Marras (plus de taxis dispos, ça continue) où nous reprenons un collectivo, entendez un taxi avec 6 péruviens et nous 2 entassés (on dirait une bonne blague tiens) puis un bus pour Cusco! Le soir, nous prenons le bus de nuit direction Aréquipa.
Morray est un site Inca à 3500m d'altitude, une sorte d’expérience biologique à ciel ouvert : les Incas ont creusé 3 amphithéâtres avec des terrasses concentriques sur des dizaines de mètres de profondeurs. Ainsi, chaque terrasse avait son propre microclimat (la t° diminuant graduellement du centre de l’amphithéâtre vers les terrasses supérieures). Ce site constituait donc un étonnant centre de recherche agricole pour déterminer quelles conditions climatiques convenaient le mieux à chaque plante. Pas con l’Inca hein !!
Nous remercions notre taxi à Marras, nous trouvons l’église et nous descendons donc à pied à travers des collines recouvertes de parcelles de cultures. Nous arrivons enfin à Las Salineras : les Incas avaient repéré une source donnant naissance à un ruisseau saturé en sel (on l’a gouté… bhein c’est bien salé), un atout précieux quand on se trouve loin de la Mer. Ce ruisseau est à présent détourné sur un plateau parsemé de bassins en terrasses servant ainsi à la récolte du sel.
Après cette belle visite, nous remontons à pied à Marras (plus de taxis dispos, ça continue) où nous reprenons un collectivo, entendez un taxi avec 6 péruviens et nous 2 entassés (on dirait une bonne blague tiens) puis un bus pour Cusco! Le soir, nous prenons le bus de nuit direction Aréquipa.
Aréquipa,
dernière étape au Pérou
Après
10h30 de bus, nous arrivons en ville dès 7h du mat. Dépôt des sacs à l’auberge
et un bon petit déj survitaminé (muesli, fruits, yoghourt, jus frais). Notre
première journée sera reposante (découverte de quelques places)
car on a toujours des résidus du Salkantay dans les jambes et on planifie surtout notre trek sur place. Le lendemain, on visite le couvent de Santa Monica. Les couleurs, ocre, bleu, blanc, sont magnifiques, tout est fleuri de manière très harmonieuse, les cloîtres et la taille des chambres inspirent le respect.
Ce couvent est très grand, toujours habité et on y passe facilement 2 heures, il faut dire que c’est un paradis pour la photo. Il accueillait à la base des filles de familles riches qui venaient faire vœux de chasteté. Les 4 premières années étaient passées dans le silence complet, après quoi, elles pouvaient prononcer leurs vœux ou rentrer dans leur famille (ce qui était généralement inconcevable pour l’honneur familial). Elles changeaient alors de cloîtres et pouvaient bénéficier d’esclaves, de servantes, organiser des fêtes, bref vivre un peu comme à la ville…
Pas trop dur d’être bonne sœur dans ce couvent, d’autant qu’on est persuadé que la chasteté était certainement un concept purement moral. On découvre ensuite le reste du centre historique : Malou est totalement séduite par la ville. Il est vrai qu’elle regorge de petites places apaisantes
tranchant avec quelques quartiers bien vivants, les gens sont souriants et il y a plein d’endroits où bien manger.
Nous faisons nos courses car demain est le grand jour : nous avons
décidé de visiter le canyon del Colca (le 2ème plus profond au
monde, de 3000m à 1000m de profondeur, et bien plus grand que son confrère nord-américain)
par nos propres moyens en 3 jours. Le soir, nous soupons dans un très bon
restaurant « spécialités locales » pour l’anniversaire de Malou. Au
menu pour Mme : en entrée, des patates recouvertes de fromage fondu avec
une sauce cacahuète suivi d’un délicieux ceviche (poisson cuit dans du sel et
du citron), et pour Mr en entrée, du quinoa au lait, à l’ail et au fromage
suivi des fameux Rocoto Relleno (piments farcis avec de la vraie viande,
raisins, sauce cacahuète et crème/fromage… après 5 bouchées, mes yeux
pleuraient mais c’était exquis) le tout accompagné de notre première bouteille
de vin depuis plus d'un mois... oh my god !! Levés à 2h30 (on se demande si on fera
encore plus tôt la prochaine fois, pffff), on part en bus touristique afin
d’atteindre Cruz del Condor pour aller voir… des condors.
Arrivés sur place
vers 8h30, les condors quittent leurs cachettes au sein des falaises des
montagnes en utilisant les courants d’air chauds pour remonter dans le ciel.
Nous en apercevons 3 au loin, avec notre zoom c’est un peu mieux mais la
cohorte habituelle n’est hélas pas au rdv, début de la saison des pluies oblige
(ils commencent à migrer vers la mer pour se nourrir de placenta d’otaries,
miam). Un condor nous gratifiera quand même d’un envol quelques mètres en
dessous de notre mirador, juste le temps d’admirer son envergure de 3 mètres.
Nous reprenons ensuite la route jusque Cabanaconde, point de départ de notre
trek où nous quittons tous nos compatriotes du bus touristique. Avons-nous bien
fait ? On demande notre chemin sur la place des Armes
en direction de
notre premier point de vue et c’est parti pour l’aventure. Après 15 minutes,
nous arrivons au mirador, vue plongeante sur la vallée, on devine notre
itinéraire mais comment faire pour y accéder.
Après quelques tergiversations de
ma part (20 bonnes minutes quand même), on enjambe un muret et nous voici enfin
sur le bon chemin (mais si je t’assure Malou).
La descente au fond du canyon
peut commencer : au programme, 5h30 de pistes en dévers rocailleuses,
poussiéreuses, « serpenteuses »,… bien sûr, on est seuls au monde
(tous les autres font la petite boucle du canyon avec un guide dans l’autre
vallée), les impressions de profondeur sont saisissantes. Au cours de notre descente, j’aperçois une
niche dans la falaise… un condor vient d’y rentrer et nous tourne le dos.
Dommage, il ne ressortira pas. On dîne en plein canyon à l’ombre d’un rocher
(avocat, thon et ciabatta, qui dit mieux ;-)) puis on entame notre
dernière descente vers la rivière. En y arrivant, on peut observer quelques
petits geysers. On remonte ensuite pendant une heure pour rejoindre Llahuar,
notre lodge perdu au milieu de la vallée. Et là, récompense ultime : des sources
d’eau chaude forment des piscines au bord de la rivière. C’est gratuit nous dit
le proprio : on y reste 2h (38°C ca détend bien les muscles) avant d’aller
engloutir une soupe et un énorme plat de pâtes.
20h, on s’endort comme des
masses dans notre petite hutte en bambou au son des criquets, du vent et de la
rivière. Vers 3h, je me réveille à cause d’un petit marsupial venu se nourrir
de nos peaux de bananes. Je le remets gentiment dehors avec nos pelures avant
de me rendormir. Réveil à 6h00 afin de démarrer la randonnée à l’ombre. Cette
fois-ci, nous avons 700m de dénivelé ascendant à avaler (tel est le principe
d’un canyon : quand tu descends dedans, il faut bien remonter à un moment).
Nous montons jusque Fure (2700m) en traversant un nouveau versant et 2 petits
villages perchés ; ces habitants doivent vraiment vivre en autarcie
complète ! Une fois à Fure, nous profitons du panorama avant de poursuivre
cette fois vers Sangalle, une oasis qui se trouve… en contrebas (non non, nous
ne sommes pas masos). On change encore de décors pour se retrouver au beau
milieu de différents cactus et buissons épineux. La chaleur devient vraiment
forte, heureusement nous avions prévu nos réserves d’eau. Après 8h30 de marche,
nous arrivons enfin à destination où une piscine et un mojito nous attendent.
Nous battons ici notre record de la nuit la moins chère : 5euros pour nous
deux (avec douche chaude svp !). Dernier jour, dernière ascension, départ
5h toujours pour profiter de l’ombre. 2h50 de montée à flanc de canyon pour
rejoindre notre point de départ. On prend un bon petit déj sur la place du
village et on se dirige vers le bus touristique de retour prévu à 9h30.
Pas de
chance, problème de roue apparemment, on quitte seulement à 11h30 avec un bus
local jusqu’à un autre village où notre bus doit nous attendre. Mais la
légendaire efficacité et ponctualité péruvienne font que nous quittons
finalement le village à 16h30… heureusement, l’agence nous offre un dîner
buffet local en compensation. C’est repus que nous rejoignons notre auberge où
nous passons une dernière nuit afin de se reposer le lendemain avant de
reprendre un bus de nuit pour la Bolivie (Copacabana).
car on a toujours des résidus du Salkantay dans les jambes et on planifie surtout notre trek sur place. Le lendemain, on visite le couvent de Santa Monica. Les couleurs, ocre, bleu, blanc, sont magnifiques, tout est fleuri de manière très harmonieuse, les cloîtres et la taille des chambres inspirent le respect.
Ce couvent est très grand, toujours habité et on y passe facilement 2 heures, il faut dire que c’est un paradis pour la photo. Il accueillait à la base des filles de familles riches qui venaient faire vœux de chasteté. Les 4 premières années étaient passées dans le silence complet, après quoi, elles pouvaient prononcer leurs vœux ou rentrer dans leur famille (ce qui était généralement inconcevable pour l’honneur familial). Elles changeaient alors de cloîtres et pouvaient bénéficier d’esclaves, de servantes, organiser des fêtes, bref vivre un peu comme à la ville…
Pas trop dur d’être bonne sœur dans ce couvent, d’autant qu’on est persuadé que la chasteté était certainement un concept purement moral. On découvre ensuite le reste du centre historique : Malou est totalement séduite par la ville. Il est vrai qu’elle regorge de petites places apaisantes
tranchant avec quelques quartiers bien vivants, les gens sont souriants et il y a plein d’endroits où bien manger.























































Magnifique les amis! Je suis votre blog depuis le début et c'est vraiment superbe. Bien photographié et bien raconté, j'adore :)
RépondreSupprimerLa 9ème photo de cette page est ma préférée.
Éclatez vous bien, c'est CA la vie :)
Ben
Salut Ben !! Merci beaucoup pour ton appréciation...venant d'un photographe talentueux, ca fait toujours plaisir ;-) Promis, on s'éclate bien car comme toi, on a bel et bien compris que c'était bien CA la vie (même s'il faudra revenir pour regagner des sous pour repartir :-)). Et toi, quelle est ta prochaine destination exotique ?
SupprimerBon courage dans le froid austère du CHU ;-)
Oli & Malou