Repus
de sucreries, nous affrontons les 25h de bus qui nous conduisent à El Chalten,
point de départ de nombreux sentiers sillonnant le parc National des Glaciers
dans la Patagonie argentine. Ce petit village aux allures de station de ski
entouré de montagnes a été construit en 1985 afin que l’Argentine ait une main
mise officielle sur ce territoire de Patagonie, convoité par le Chili. A 21h,
nous prenons possession de notre dortoir (vu les prix tjs trop élevés des
chambres doubles) et nous allons trinquer avec Henry et Zarah, un couple de
londonien que nous avons rencontré à Bariloche et Pieterjan, un flamand bien
sympa. Nos discussions et la bière blanche locale nous tiendront éveillés
jusque 2h. Au réveil, le temps est maussade, nous en profitons donc pour
réserver notre prochaine destination et faire des courses. Début d’aprem, le
ciel s’ouvre, on s’arme d’un sac à dos et direction la Laguna Torre,
« petite » balade de 6h.
Très vite, on découvre la signature de la
Patagonie : montagne, glacier, plaine herbeuse, ruisseau sinueux, forêt et
sentiers vous faisant sentir seuls au monde… Bref, tout ce qu’on aime. Après
une heure de marche, premier point de vue splendide sur le Cerro Torre et ses trois
pics rocheux aiguisés par le vent, les Cerro Solo et Grande recouverts de
glaciers. C’est assez impressionnant de se dire que la glace est bel et bien
présente alors qu’on ne se trouve qu’à 600m d’altitude !! Nous poursuivons
notre route vers la Laguna qui se trouve au pied de ses glaciers. On traverse
une forêt enchantée où seul le vent fait frémir les feuilles et vient porter
leurs murmures à nos oreilles.
On débouche ensuite le long d’un torrent
puissant qui nous remonte jusque la lagune. Moins impressionnante que la Laguna
69 (Huaraz, Pérou), elle n’en reste pas moins sublime car quelques petits
icebergs flottent à sa surface. Le vent affirme ici toute sa puissance ne
manquant pas de nous renverser plus d’une fois, portant avec lui le souffle
frais du glacier. Nous ne restons donc pas longtemps sur place afin de ne pas
finir figés dans le décors.
Le retour est tout aussi beau, car le ciel est
maintenant d’un bleu pur et le soleil éclaire même le légendaire Mont Fitz Roy.
Arrivés à l’auberge à 21h, merci aux longues journées d’ensoleillement, nous
mangeons une bonne pate bolo-aubergine et dodo tôt car demain nous avons prévu
une longue rando. Au réveil, temps de nouveau maussade. Le temps du petit déj,
des éclaircies apparaissent et les locaux nous disent que la journée sera comme
hier, tout va se dégager dans l’aprèm. En route donc vers la Laguna de Los
Tres, 20km, 8h, ça situe le niveau.
Couverts de nos Gore-Tex, nous démarrons
donc avec quelques gouttes de pluies qui n’enlèvent rien à la beauté de notre
premier point de vue sur le Rio de las Vueltas qui serpente entre les
montagnes. On alterne ensuite les petits bois et les plaines avant d’arriver à
la Laguna Capri, majestueuse étendue d’eau bordée d’arbres. Cependant, un constat
s’impose à nous : rien ne se découvre, bien au contraire, tout se
couvre !!
Nous sommes à la moitié du chemin vers la Laguna et les forces
de la Nature commencent à se manifester : pluie mêlée à un vent fort. On
comprend vite que le reste de la journée ne nous offrira rien de mieux mais il
est trop tard pour faire demi-tour ! Arrivés au campement Poincenot bien à
l’abri dans les bois, nous dînons avec bonnet et gant. Afin de ne pas refroidir
de trop, nous repartons directement, il nous reste 2km jusqu’à la Laguna, 1h30
de marche indique le panneau… laissant présager la difficulté du parcours. La
pluie se renforce encore un peu, juste au moment où nous gravissons la pente
rocheuse nous amenant à la Lagune. Au sommet, nous devons normalement jouir
d’une vue magnifique sur toute la vallée d’un côté et le glacier de l’autre. Le
vent souffle tellement fort qu’on a cependant du mal à garder les yeux ouverts
et le paysage est assez bouché.
On manque de tomber à la renverse quelques
fois, mais on veut quand même prendre la photo de la Lagune, on n’a pas gravi
tout ça dans ces conditions dantesques pour ne pas ramener de preuve J. Chose faite, on ne
s’attarde pas, et en redescendant, on croise encore quelques personnes
courageuses qui montent (dont notre couple d’amis)… Après s’être demandés quand
même dans quoi on s’est foutu, mais rassurés de ne pas être les seuls fous à
vouloir aller au bout, c’est trempés jusqu’aux os (sous-vêtements inclus) que
nous affrontons les 4h de retour. Les paysages restent quand même jolis et on
se dit que sous le soleil, ça devait bien valoir les 3 étoiles du Guide
Michelin.
Sur la fin, la pluie cesse et le vent nous sert de séchoir (merci les
vêtements techniques). De retour à l’auberge, la douche chaude est plus que
légitime et miracle, ils ont même mis le chauffage dans la chambre nous
permettant ainsi de sécher tous nos habits et chaussures (n’ayant qu’une paire,
mode routard oblige, on stressait un peu de devoir se balader en tongues
pendant les 3 prochains jours). Le soir, nous fêtons notre exploit (ou notre
folie, à vous de juger) en compagnie d’Henry et Zarah devant un bon Bife de
Chorizo arrosé d’un vin rouge pour se réchauffer le cœur.
Le
lendemain matin, nous prenons le bus à 8h afin de rejoindre El Calafate pour
découvrir le seul glacier au Monde encore en continuelle progression, soit 2cm
par jour selon les experts. Arrivés à 11h, on dépose nos sacs à l’auberge, on
file faire nos courses pour le souper puis on remonte dans un bus à 13h
direction le Glacier. Après avoir payé les droits d’entrée au Parc, nous
arrivons enfin devant la Bête de Glace, mensurations : 60m de haut, 5km de
large, 14km de profondeur.
A vous faire pâlir un Yéti !! Plusieurs
circuits aménagés sur des parcelles nous permettent de l’observer sur toutes
les coutures. On est même surpris d’être souvent seuls, le touriste lambda
s’obstinant à rester au premier point de vue majeur, grand bien lui fasse J. Je ne sais pas s’il
existe un qualificatif assez grand pour décrire une telle immensité qui se
dresse devant vous et qui d’un éclat de glace peut causer de terribles dégâts.
Le jeu de couleur et la palette de bleu se reflétant dans les crevasses nous
laissent sans voix. En contrebas, nous apercevons les bateaux d’observations
(que nous n’avons pas pris au vu des prix exorbitants) renforçant encore cette
impression d’immensité.
Nous passons ensuite devant la ligne de rupture, là où
les lignes est et ouest du glacier se percutent (on s’en rend compte à
l’orientation des crevasses) et où tout le monde suspend sa respiration au son
émis par les blocs de glace qui se détachent du glacier. Les craquements sont
impressionnants et la percussion des blocs sur la surface de l’eau est tout
aussi bruyante. D’où nous sommes, les blocs nous paraissent comme des boules de
neige mais au vu du bruit et des vagues qu’ils occasionnent on se dit qu’ils
doivent bien faire plusieurs mètres de long ! On termine la balade par la
vue « est » qui nous permet de contempler le glacier au milieu des
montagnes avoisinantes et l’étendue d’eau qui le borde et qui supporte quelques
icebergs.
C’est donc les yeux remplis de flocons que nous remontons dans le
bus, amplement satisfaits de quitter l’Argentine sur une de ses plus belles
merveilles !! Demain tôt matin, nous continuons à progresser à travers la
Patagonie mais du côté chilien cette fois, direction Puerto Natales !!
Oli
(un peu nauséeux, à bord du Ferry Wellington-Picton, Nouvelle-Zélande,
10/02/2014).































Pour moi, le plus bel endroit que vous avez visité depuis le début avec les Galapagos (vu d'ici). J'ai justement vu un reportage sur cette région il y a peu. J'ai pu découvrir le boulot de mes rêves: Gardien de phare le long du détroit de Magellan.
RépondreSupprimerMon top 3 des régions que vous allez visiter sera je pense: 1. nouvelle Zélande 2. Patagonie 3. Galapagos
Merci bel anonyme...même si on ne sait pas qui tu es, on a une petite idée au vu de tes goûts et du boulot de tes rêves ! A ce propos, nous avons visité le phare en question (plus de détails dans l'article suivant, patience), il est libre, très spacieux, un peu humide mais avec une vue imprenable sur le Detroit de Magellan, la Terre de Feu et la Cordillère Darwin...il ne tient qu'à toi de t'y installer (avec un bon coupe vent ;-) )
SupprimerEn voilà une bonne nouvelle, plus qu'à faire mes baguages et embarquer mes vélos. Le seul problème c'est la livraison d'insuline :)
RépondreSupprimerPar contre, je ne suis pas sûr que vous m'ayez démasqué. Maintenant c'est chose faite :) .
Mike
On hésitait entre 2 personnes (Oli Droug et toi)...donc on était quand même dans le bon ;-) L'Argentine est assez civilisée, donc je ne pense pas que tu auras des problèmes pour te fournir en insuline...Donc, il ne te reste plus qu'à convaincre Marianne héhé !!
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