« Les folies sont les seules choses qu'on ne regrette jamais » Oscar Wilde

jeudi 9 janvier 2014

San Pedro de Atacama : notre parenthèse chilienne


A la fin de notre périple à travers la région d’Uyuni, nous décidons de ne pas retourner au point de départ du tour, en Bolivie, mais de se faire transférer à San Pedro de Atacama au Chili. Nous passons les formalités de la frontière sans soucis et nous partons directement à la recherche d’une auberge. Jürgen nous suit et nous aboutissons dans un petit complexe de cabanons ouverts sur un patio avec des hamacs et une cuisine ouverte…

ça sent bon la farniente ! La petite ville de San Pedro est réputée pour être touristique, certes il y a une longue rue où on ne trouve que des petits restos et des agences, mais la ville a un super atout de charme avec ses rues en terres ou pavées, ses maisons blanches, sa petite place avec son sapin de Noel et sa très vieille église. Nous faisons le plein de légumes et de fruits (du raisin blanc, ça faisait une plombe) pour la santé physique et une bonne bouteille de vin (chilien bien sûr, à un prix enfin très démocratique) pour la santé mentale. Tout ça nous aide à y voir plus clair pour les jours à venir. Le lendemain, on flâne dans la ville avant de partir vers 16h pour la Vallée de La Muerte et la Vallée de la Luna. Il faut savoir que nous nous trouvons désormais dans le désert le plus aride du monde, rien que ça ! 2mm de pluie par an, mais quand ça tombe ils sont obligés de fermer les parcs pendant une semaine tellement c’est boueux !
En arrivant dans la vallée de la Muerte, c’est donc une chaleur assommante et un décor sec qui nous accueillent. Cette vallée fait penser fortement aux paysages de Mars (les couleurs sont ocres/brunes), d’ailleurs le Belge (Gustavo le Paige) ayant découvert cet endroit l’avait appelé « Vallée de Mars » mais vu son mauvais accent (ca devait être un flamand huhu), les locaux ont retenu Muerte (« mort ») plutôt que Marte (« Mars »). No comment. Les sommets des dunes de boue séchée scintillent de manière surprenante car on y trouve partout des cristaux de sel faisant penser à des milliers de morceaux de verre éparpillés. Nous migrons ensuite vers la Vallée de la Luna, appelée de la sorte car les sols sont recouverts de sel et font vraiment penser au décor lunaire (même si on n’y est jamais allé, et Armstrong d’ailleurs y est-il bien allé, lui ? Bon ok c’est un autre débat).
En chemin, on s’arrête à un sublime point de vue sur le désert d’Atacama et son salar, puis on se balade dans une caverne où on peut vraiment apprécier les cristaux de sel formant des blocs de roches entièrement transparents. On traverse ensuite la Vallée avec différents stops et balades, les paysages et les profils rocheux sont plus hallucinants les uns que les autres. Une fois encore, on ne se croirait plus du tout sur notre chère Planète Terre. Il y avait aussi pas mal de mines de sel dans la région mais après quelques dizaines d’années, ils se sont rendus compte que ce sel (très dur à extraire car composé de deux minéraux : gypse + NaCl) était impropre à la consommation, donc il n’y a plus aucune activité à l’heure actuelle.
Pour le final, nous montons au sommet d’une immense dune de sable afin d’apprécier le coucher de soleil. Notre vue panoramique nous permet de contempler les changements de couleurs des roches aux alentours, du volcan Licancabur que nous avions contemplé du versant bolivien, et même des Andes au loin. Au retour, un petit souper diététique local nous attend : « Chochirrila », càd des frites, un œuf sur le plat, du chorizo, de la viande « pita ». Le lendemain, l’idée de faire du vélo (plutôt que d’utiliser encore nos petits petons) dans le désert le plus aride du monde émerge et puis nous n’avons pas encore testé ce mode de locomotion en Tour du Monde.
A 10h, nous voilà donc sur nos montures (nouveaux Trek 3500 avec fourche, clin d’œil à mes amis bikers). Au programme, 23km de plat à travers les plaines désertiques afin de nous rendre à La Laguna Cejar, tellement concentrée en sel qu’on y flotte (un équivalent de la Mer Morte en sorte). La route est désertique (étonnant hein), venteuse (ça nous fait oublier la chaleur et la sécheresse) mais heureusement assez plate. L’agence nous avait d’ailleurs annoncé 1h45 de trajet, mais on arrive déjà à destination après 55min (comme quoi on n’a pas encore trop perdu de notre entraînement en haute altitude). On dépose nos vélos, on enfile nos maillots, on fait le tour de la première lagune où se nourissent quelques flamants roses puis on migre vers le spot de « baignade ». Les touristes en tour organisé n’arrivant que dans l’après-midi, nous avons la place quasi pour nous tout seul. On a donc tout le loisir de se choisir un petit lagon de sel privé paradisiaque et on se lance pour le grand plongeon salé. Etonnamment, l’eau est assez frisquette mais oui, on flotte bel et bien. Malou en profite pour me faire une belle démonstration de figures en eaux salées, en passant par les abdos jusqu’à l’araignée d’eau, dommage que les championnats du Monde de natation soient passés.
Le temps de rejoindre nos vélos, notre corps se couvre d’une croûte de sel, on est prêt à mettre au four ma parole. Heureusement, on nous offre des bidons d’eau douce pour nous rincer sous ce soleil cuisant. Retour vers San Pedro tranquilo. Malou a son compte de kilomètres et préfère aller faire quelques courses telle Perette allant acheter son beurre Fleurette à bicyclette. De mon côté, je pars pour la Quebrada del Diablo… encore une vingtaine de kilomètres dans un décor beaucoup plus vallonné mais tout aussi sec. Je suis seul au monde encore une fois et je me laisse tenter par la montée aboutissant au panorama de la Quebrada… j’oublie que je suis quand même à 2500m et que la piste est bien sablonneuse, ça faisait longtemps que je n’avais plus cracher mes poumons comme cela à vélo. Mais qui dit longue montée, dit longue descente !!
Un « single track » comme jamais espéré m’attend donc, ça secoue dans tous les sens, la technique et la beauté du tracé me comble, c’est autre chose que de descendre au Val St Lambert (autre clin d’œil à mes amis bikers, j’ai bien pensé à vous). Harassé, je rentre retrouver ma dulcinée. La soirée s’annonce bien, un autre vin chilien nous attend en dégustation et Jürgen a acheté du Pisco, le célèbre alcool local (enfin on ne sait pas bien qui exactement le produit du Pérou ou du Chili car chaque pays le revendique). Deux autres demoiselles (autrichienne et chilienne) se joignent à nous…
les cultures se mélangent encore une fois, on en apprend encore plus sur chaque pays et on termine de discuter à pas d’heures comme à Liège. San Pedro de Atacama nous laisse à tous les deux la même impression : avoir vécu des vacances pendant nos vacances. Le lendemain 9h, nous prenons notre bus direction l’Argentine et Salta.


Oli (dans le bus en direction de Bariloche, allez plus que 22h de route) 7/01/2014. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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