Levés de bonne heure pour aller prendre notre vol direction Padang,
nous arrivons 1h à l’avance (soit 6h du mat) au petit aéroport de Jogyakarta.
Et là, un beau bordel….toutes les comptoirs des agences sont alignés mais
personne ne fait vraiment de file correcte et il y a un monde de dingue. On
s’insère plus ou moins en face de notre agence, les minutes s’écoulent, voire
une bonne demi-heure, pas grand chose n’avance et impossible de se faufiler
avec nos gros sacs dans cette foule. Un quart d’heure avant notre embarquement,
le stress monte quand même, je me faufile jusqu’au guichet en doublant tout le
monde, l’hôtesse crie « Départ Jogya », je lui tend vite mes
billets…ouf nous voilà enregistrés mais comment faire arriver nos gros sacs que
Malou gardent au milieu de tous ces indonésiens qui ne semblent pas vouloir
nous aider…bon bhein à la rude, vas-y que je te le lance et que je bouscule
tout le monde pour retourner au guichet. Les bordereaux sont accrochés mais je
me dis intimement que c’est un coup à les perdre en chemin. Erreur, ils nous
attendent bien à notre arrivée à Padang.
Tout comme Ricky, le boss de notre
guesthouse, qui vient nous accueillir avec ses potes car l’auberge qu’on a
choisie se trouve à 3h de route de l’aéroport perdue dans un petit village de
pêcheurs. On recherchait de l’authentique, on va être servi. Le trajet se passe
en chantant de vieux tubes et en faisant connaissance avec l’équipe. On quitte
la route principale et on s’engage dans la jungle. Après 2h de route, Ricky
nous dit qu’il reste 9km… que l’on parcourt en… 1 heure tellement la route
(enfin la piste) est dégradée.
Le village de pêcheurs compte environ 1000
habitants et on voit tout de suite les conditions précaires de vie. Pas mal d’endroits
sont très pollués (déchets ménagers, plastiques,…), surtout la plage, car évidemment
ils n’ont aucun moyen d’évacuer les déchets et en plus ils s’en foutent pas
mal. Notre petit bungalow est en bord de mer et les fonds récoltés par Ricky
financent les jeunes du village pour aller à l’école à Padang notamment. Malgré
les déchets, le décors reste assez idyllique mais autre gros bémol, les
compagnies malaisiennes sont entrain de brûler les forêts au Nord afin
d’implanter des palmiers à huile (vous savez ceux pour faire le bon Nutella)
engrangeant donc un smog épouvantable, ce qui fait que le ciel reste en
permanence brumeux et qu’on ne voit pas à 100m.
Repos et rencontre avec le
reste de l’équipe au programme de la fin de journée. Trois repas nous sont
servis tous les jours et le cuistot est hors pair, nous découvrirons de
délicieuses recettes locales à base de poissons! Le lendemain matin, nous
partons visiter le village, et les « Halo », les grands sourires, les
poses des enfants pleuvent de tous les côtés. Nous sommes même invités par deux
vieilles dames à nous asseoir à leurs côtés, on se regarde, on rigole on ne
sait pas trop pourquoi mais le langage des signes vient toujours à point.
On
est vraiment conquis en tout cas par la sincère gentillesse des locaux. On est
ensuite conviés à regarder la construction d’un bateau par les hommes du
village, tous très fiers de montrer leur futur vaisseau. Ici, les Minangkabau
sont une des dernières peuplades matriarcales où tous les biens se passent de
mère en fille, où les femmes sont très respectées et les hommes font tout le
boulot. L’après-midi, deux petits jeunes
nous emmènent sur une plage plus isolée où on peut se baigner en maillot (sinon
dans le village, nager habillé est obligatoire pour ne pas troubler les locaux
dictés par la religion musulmane).
L’eau est chaude et on pensait faire du
snorkeling mais on ne voit rien à 10cm (faute à l’homme encore qui construit
une route plus loin dans la jungle et déverse les terres surperflues dans la
mer…bordel, on ne peut pas laisser la Nature tranquille pour une fois
non ?! surtout qu’apparemment la route ne servira à rien). De retour au
bungalow, Malou se repose et j’en profite pour attraper une planche de surf et
tenter une petite session dans la baie. Les conditions ne sont pas terribles
mais j’arrive quand même à prendre une vague (les restes sont toujours là J).
Soirée
très sympa passée à écouter la team jouer de la guitare, chanter et nous rendre
dingue avec des jeux de malice. Le lendemain, nous partons pour une rando avec
Putra et Andy à travers les rizières et la jungle. Nous rencontrons nos
premiers buffles qui se baignent dans les bassins boueux des rizières qui sont
en jachères car la récolte est déjà passée. Un petit trail dans la jungle pour
atteindre les cascades. L’endroit est assez paradisiaque, une bonne halte et
une baignade s’impose.
En plus, on peut sauter de 7m, je ne me fais pas prier
et c’est parti pour quelques sauts remplis d’adrénaline. De retour au bungalow,
on se pose un peu. Très vite, on entend des rires étouffés. Six petites têtes
brunes viennent envahir notre balcon. On fait le tour des prénoms, puis une
longue séance photo (le réflex a beaucoup de succès auprès des enfants), on
apprend à lire en français puis ils nous invitent à venir se baigner avec eux.
Pas de problèmes, je m’habille vu qu’on est dans le village mais eux, comme ils
ne sont pas encore pubères, ont le droit de se baigner à poil.
On passe donc
toute l’aprem ensemble, moments super agréables. Dernière soirée avec la bande
et Putra nous révèle enfin les secrets des casse-têtes des 2 autres soirs (vous
les testerez quand on rentrera, promis héhé). Le lendemain, on part à 10h ce
qui me laisse le temps d’aller aider les pécheurs à remonter leurs filets
(Malou, en tant que femme, n’a pas le droit). Ils vont les étendre très tôt la
matinée puis les ramènent sur la plage. Le filet fait plusieurs kilomètres de
long, pèse assez lourd et tout se remonte à la main en faisant une sorte de
file indienne où chacun reprend le relais.
Manœuvre qui dure plusieurs heures
sous un soleil de plomb pour souvent une maigre consolation. Aujourd’hui, la
pêche semble moyenne et je suis assez impressionné également par le nombre de
détritus piégés dans les filets. Après avoir fait nos adieux à toute notre
équipe, nous partons direction de Harau Valley, réputée pour ses vues
imprenables. Première partie du trajet jusque Medan avec le chauffeur de Ricky
sans encombres. On prend ensuite un minivan tuné avec techno indonésienne à
fond direction Harau. Après 3h de route, les oreilles un peu bourdonnantes, on
arrive à un terminal, un local saute dans notre van et scande « Harau,
harau ? » ; dans l’empressement, je descends du van et le suis
car on savait qu’on devait changer à un moment donné. On rentre dans son van et
là il nous propose une somme faramineuse pour le trajet. On parlemente mais on
sent qu’il se fout de notre gueule et qu’on est clairement descendu trop tôt.
Comme j’ai le numéro de notre guesthouse, je vais trouver un flic pour lui demander
son gsm et contacter Ikhbal ; il nous confirme qu’on est pas au bon
endroit et deale avec le policier pour nous faire le prix correct pour le van.
On réembarque donc avec notre arnaqueur et on apprend qu’on devra encore
changer 3km plus loin (et dc repayer). On nous dépose donc et un minivan dont
on se demande encore comment il roule nous attend ; mais évidemment, il ne
fait pas la course que pour nous donc on poireaute 45min avec nos gros sacs
empilés sur nos genoux (sinon on doit payer un supplément de place) avant
d’enfin démarrer (ça nous vaudra de faire la connaissance d’une charmante
petite mamy indonésienne). 45 minutes plus tard, on arrive presque à
destination car il nous reste à prendre un ojek, sorte de side-car à
l’indonésienne, pour rejoindre l’Abdi Homestay.
On est crevés, les nerfs un peu
à vifs mais le cadre est idyllique (des petits bungalows en bordure de rizière)
et la patronne nous sert un délicieux curry. Le lendemain, le ciel est encore
plus couvert car on s’est rapproché des incendies. On part quand même faire une
balade dans les rizières. C’est le moment des repiques dans certaines parcelles
et c’est assez impressionnant de voir le travail que ces gens abattent. La
culture du riz se passe comme suit : ils sèment d’abord des grains de riz
de façon aléatoire sur une petite parcelle. Après une quinzaine de jours, des
pousses de 15cm apparaissent. Ils découpent des morceaux de parcelles, les
déposent sur un petit « chariot » qu’ils nouent à leur taille et vont
alors repiquer chaque repousse dans la grande parcelle.
Après 3-4 mois, le riz
ressemble à des épis de blé, récoltés en gerbe qu’ils tapent contre le sol afin
de faire tomber les grains de riz qu’ils feront ensuite sécher au soleil
pendant quelques jours. Plein d’admiration pour ces gens, nous poursuivons
notre chemin à travers quelques villages où les sourires et les « Halooooo »
pleuvent toujours autant. Malgré le temps couvert, on s’aventure à un point de
vue (qui s’avère du coup bien bouché) et 4 jeunes adolescentes nous suivent. Au
sommet, un peu gênées d’abord, elles nous demandent pour faire des photos avec
nous. Puis, la barrière de la langue outrepassée, on rigole et on fait
connaissance, joli moment de complicité encore. Le soir, la patronne nous
régale encore avec une de ses spécialités de poulet aux épices. Le lendemain,
nous partons visiter le centre d’Harau à pied mais rien de spécial à voir. Nous
prenons alors un ojek pour nous rendre à la fabrique de kroupoucs et de
nouilles.
Petite fabrique locale perdue dans la campagne, nous posons quelques
questions afin de comprendre la fabrication : la farine de tapioca est
mélangée à un colorant pour faire une énorme boule de pâte qui est séchée au
four pendant 7 heures. Il en ressort comme un gros jambon serrano que les
femmes coupent en très fines tranches au rabot. Puis elles les font sécher dans
la prairie pendant 24h à côté des nouilles, ce qui offre vraiment un paysage
aux couleurs magiques. Ensuite, il suffit de plonger ses fines tranches dans
l’huile bouillante et comme par enchantement, les kroupoucs apparaissent.
Miam (on a encore dans notre sac pour faire la démo) !! On décide de
rentrer à pied pour traverser les villages locaux, et sur notre chemin, on
rencontre notamment des macaques, toujours sympa à regarder dans les arbres.
En
rentrant, Malou part aux fourneaux avec la patronne préparer un bon carry
végétarien.
Le lendemain, nous partons pour Bukkitinggi. Afin d’éviter encore
les arnaques en tout genre, on décide de partager un taxi avec le couple de
danois que nous avons rencontré à l’homestay. On arrive ainsi sans encombres
dans la ville sur le coup de midi. On réserve une nuit, on passe à l’agence
prendre nos billets d’avion pour partir le lendemain à Medan et comme nous
avons du temps devant nous, on décide de l’optimiser. On se rend dans le
village voisin afin de découvrir Raflesia, la plus grande fleur du monde.
Sa
floraison ne dure que 6 à 7 jours, et coup de bol, une vient juste d’éclore.
Une grosse demi-heure de marche dans la jungle avec le guide botaniste local
nous emmène à travers des champs de citronnelle, des arbres à cannelle et des
caféiers. Nous tombons alors nez à nez avec Raflesia, 60cm de diamètre (pouvant
aller jusque 130cm en saison humide) et dégageant une odeur légèrement nauséabonde
(fort heureusement, il s’agit ici d’une fleur mâle qui pue beaucoup moins que
les fleurs femelles afin d’attirer les insectes pollinisateurs). Il lui faut 3
à 4 ans pour éclore, et une fois fanée (après 6 jours), elle meurt.
L’autre
attrait du village est la production du café Luwak, l’un des meilleurs au
monde, fait à partir de grains de cafés retrouvés dans… les excréments du
« Civet cat ». Les enzymes produites lors de la digestion des grains
leur confèrent des vertus et saveurs uniques. La patronne prend son travail
très au sérieux et collabore avec plus d’une centaine de fermiers afin de
récolter les cacas dans la jungle. Elle vend son café 20 € les 100 grammes. On
l’a testé pour vous (même moi qui ne boit jamais de café), c’est vrai qu’il est
bon mais ne cassaient pas la baraque quand même… Enfin, on peut même se faire
un peeling avec le marc du café, Malou a testé aussi et sa peau était toute
douce.
Bref, que d’expériences enrichissantes en une après-midi. Le soir, nous
testons un resto spécial indonésien où ils vous apportent une dizaine de mets
sur la table (sans toujours savoir ce que c’est) et on paye ce qu’on mange. A
conseiller ! Le lendemain, nous partons pour Bukkit Lawang dans l’espoir
de rencontrer nos plus proches cousins, les orangs outangs!
Oli (sur la terrasse surplombant le Mékong par 35°C, Don Khone, 4000
îles, Laos – 24/04/2014).
Nagari Sungai Pinang (village pêcheurs)
Harau Valley
Bukkitinggi























































Coucou,
RépondreSupprimersans le savoir, vous avez remporté un de nos défis "boire du café blanc"... c'est le café à base d'excréments de civets qui est ultra populaire en Asie...
A très bientôt, bisous Debbie&Joh